La Magie De L’amour

Wild Animus (Sauvage Animus) retrace la quête obsessionnelle de Ransom Altman qui, au sortir de ses études, rejette une existence classique et fait serment de vivre avec sa compagne Lindy dans un monde de « désir intarissable ».

Au sujet de son héros, Rich a déclaré : « Les années que l’on vit entre quinze et vingt et un ans sont une époque essentielle pour chacun d’entre nous. C’est l’âge où l’on découvre la magie de l’amour et ce que signifie s’abandonner à l’autre. C’est ce qui arrive à Ransom. Mais de cette expérience, il tire des conclusions extrêmes. »

L’une de ces conclusions, c’est qu’être amoureux, c’est comme d’être poursuivi par une meute de loups.

« L’idée selon laquelle l’amour va de pair avec une certaine autodestruction, qu’il faut lâcher prise, se livrer, abandonner le moi pour participer à quelque chose qui vous dépasse, est familière à beaucoup d’entre nous. Ransom sent que si ce processus d’abandon de soi doit se jouer entre deux individus, il y aura un chasseur et une proie. Il construit toute une histoire autour de cela, et il s’efforce de la vivre jusqu’au bout. »

Une Vision Humanocentriste

C’est donc dans ce but que Ransom et Lindy partent dans le Nord, à destination des vastes terres sauvages d’Alaska... et d’une confrontation avec les profondeurs cachées du cœur humain.

« Les terres sauvages, c’est ce lieu dépouillé de tout ce qui est superficiel, où ce qui est fondamental remonte à la surface. C’est un endroit où l’on acquiert un sens viscéral de ce qu’était le monde avant l’apparition de la civilisation humaine. Les grands mammifères sont importants. L’échelle cosmique est importante, surtout dans les montagnes. Vous voyez à vos pieds des plantes de la toundra, minuscules. Puis vous levez les yeux et vous voyez des glaciers escarpés qui s’élèvent sur plus d’un kilomètre dans le ciel, ou des plaines qui s’étendent à perte de vue.

« Dans notre monde urbain, tout est à hauteur d’homme. Notre erreur consiste dès lors à adopter une vision humanocentriste de la création. Les terres vierges d’Alaska sont un antidote formidable à cela. »

Une Vie Grandiose Mais Précaire

Ransom se laisse fasciner par les animaux vivant dans ces terres sauvages, surtout les mouflons de Dall et les loups. Voici comment l’auteur nous parle de son amour pour ces espèces :

« De tous les mammifères qui peuplent notre planète, les Dall sont ceux qui vivent le plus haut. Les voir — entre deux tempêtes, sur ces précipices de mille cinq cents à deux mille mètres d’altitude — est un spectacle incroyable. Leur monde, les panoramas qu’ils peuvent contempler, la vie qu’ils mènent... une existence grandiose, mais précaire et périlleuse.

« Les loups font eux aussi partie de ce monde. Ils courent les montagnes en quête de proies. Si vous escaladez un endroit comme le mont Wrangell dans vos randonnées, vous verrez souvent des mouflons de Dall. J’ai eu de la chance, j’ai pu en approcher certains. Une expérience mémorable.

« Quant aux loups, j’ai passé pas mal de temps avec deux bandes, dans le Nord du Minnesota. J’aidais David Mech, un spécialiste du loup, et j’ai eu l’occasion de les côtoyer de près. »